Conférence sur Antonio Gramsci

Antonio Gramsci, né le 22 janvier 1891 à Ales (Sardaigne) et mort le 27 avril 1937 à Rome, est un philosophe, écrivain et théoricien politique italien. Membre fondateur du parti communiste d’Italie, dont il est un temps à la tête, il est emprisonné par le régime mussolinien de 1926 à sa mort. En tant qu’intellectuel marxiste, il a notamment développé une théorie de l’hégémonie culturelle. Il fonde en 1924 le quotidien l’Unità, organe central du PCI.


Sébastien Madau, journaliste, est venu présenter le jeudi 19 janvier 2023 la conférence « Antonio Gramsci et l’Italie, une vie de résistance » dans la salle Aimonetto du Cercle républicain. Sa conférence a exposé les grandes étapes de la vie du militant et fondateur du Parti communiste italien, sans manquer de souligner quelques-uns des principaux concepts que Gramsci a forgés pendant ses années en prison, tel celui de l’hégémonie culturelle. Les éléments ainsi mis en perspective, associés à des citations issues des textes de Gramsci lui-même, auront fourni des repères solides – tant sur le plan biographique, intellectuel et bibliographique, permettant à chacun de se saisir de questionnements toujours d’actualité, à l’heure où le néo-fascisme est une triste réalité en Europe.

Nous renvoyons à des références complémentaires, que des membres du CC tiennent à disposition des personnes intéressées :

André Tosel, Le fil rouge de Gramsci. Politique et philosophie de la praxis, éditions Amsterdam, 2022.
(recueil de textes de l’auteur décédé en 2017 sur Gramsci)

Razmig Keucheyan, Guerre de mouvement et guerre de position – textes choisis et présentés, éditions La Fabrique, 2012.


« L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité ; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter ; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis ; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe. Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques-uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques-uns veulent que cela se produise, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser. La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est pas autre chose justement que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme… Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents. » 11 février 1917. Traduit de l’italien par Olivier Favier

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