Gratuité et transports en commun

Maurice Marsiglia est venu présenter, jeudi 19 mai au Foyer des Anciens de RLB, le point de vue de l’ASDEL concernant la gratuité des transports dans la métropole Aix-Marseille, invitant toutes les personnes intéressées par le sujet à participer à une réunion d’information avec le collectif gratuité à Roquevaire le vendredi 3 juin, salle Raymond Reynaud.

L’Association se déplacer en liberté (ASDEL) mène depuis sa création une réflexion sur le déploiement de l’offre en matière de transports autour du pays d’Aubagne et au-delà, en interconnexion avec les réseaux existants ou en projet. Les différents lieux de vie et d’activité des populations constituent un important terrain d’enquête et de concertation pour alimenter le débat public, documents et avis d’experts à l’appui. Avec la suppression des conseils de territoire en juillet prochain, de nombreuses questions se posent en matière de possibilité de gestion et de financement de la gratuité telle qu’elle fut mise en place à partir de 2009 à l’échelle de l’ancienne agglomération de commune GHB, devenue entre temps Pays d’Aubagne et de l’Étoile.

Maurice Marsiglia est revenu sur les principaux arguments qui ont permis de mettre en place la gratuité des transports, dont la suppression des coûts liés à la billetterie et l’adhésion des entreprises locales au projet. Les avantages d’un « accès libre » à une offre de transport qui n’a cessé de faire ses preuves en dix ans sont nombreux : réduction des incivilités, mélange intergénérationnel, création d’emplois (!)… pour ne citer qu’eux. Maurice Marsiglia a laissé place ensuite aux échanges avec la salle, avant de rebondir sur des pistes de financement avancées par son association. Le cadre de gestion d’une gratuité qui serait étendue à l’ensemble de la métropole exige en effet des conditions de financement renouvelées ; elles méritent, selon l’ASDEL et le Collectif gratuité, d’être débattues plus largement.

Les questions et les remarques formulées par des élus venus de Roquevaire et de Roquefort-la-Bédoule ont permis à chacun de progresser dans la compréhension des enjeux pour le quotidien des populations de différentes communes. De nombreux habitants font l’expérience des disparités dans l’accès aux transport, parfois même d’un quartier à un autre. On touche d’emblée à des enjeux assez significatifs en matière de pouvoir d’achat – jusqu’à 50€ par mois économisés pour une famille -, a expliqué Maurice Marsiglia, et surtout à des enjeux sanitaires.

En effet, la pollution de l’air génère un nombre considérable de morts en région Sud PACA – environ 5000 décès par an dans la région -, comme en attestent des études de l’Agence régionale de santé suite à la révision des seuils d’exposition par l’OMS. Le coût de la prise en charge de la pollution de l’air sur le plan sanitaire, estimé à l’échelle nationale à 100 milliards d’euros par an, est désormais à mettre en regard avec ce que coûte l’accès libre aux transports dans les bassins de vie de la métropole.

Les pistes de financement de la gratuité soutenues par ses défenseurs sont multiples et engagent des choix de société, des choix politiques. Le Collectif gratuité et l’ASDEL invitent donc la population des territoires de la métropole et toute personne intéressée par la gratuité des transports à venir s’informer et débattre en présence des candidats aux élections législatives, invités à participer eux aussi à la réunion publique du 3 juin à Roquevaire.

Pour aller plus loin :

  • Un article « Gratuité des transports : comprendre un débat aux multiples enjeux » sur le site The Conversation

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