Construction de l’hôpital d’Aubagne : Trois collectifs réunis au Cercle

Jeudi 27 janvier dans la salle du Cercle, sur proposition d’Alain Tarrini, le Carrefour citoyen a organisé une rencontre au sujet du projet de construction d’un nouvel hôpital à Aubagne. S’y trouvaient assemblés, pour la première fois, trois catégories ou « collectifs » de personnes concernées par ce projet :

  • Des élus : Yves Perrin-Toinin, conseiller municipal à Aubagne, bien connu de nombre d’entre nous en tant que médecin de ville 
  • Des soignants : David Almosnino, médecin urgentiste-réanimateur à l’hôpital d’Aubagne
  • Des usagers : Christine Vandrame, membre du collectif de citoyens pour la défense de l’Hôpital public d’Aubagne (page Facebook), organisation dont la mobilisation a permis de sauver le service de réanimation qui était alors quasiment neuf !

L’Agence régionale de santé estime plus souhaitable de construire un nouvel hôpital, plutôt que de rénover l’existant. Le médecin est très intéressé par ce projet qui le concerne au quotidien, mais aussi très circonspect quant à sa gestion. Car les décideurs-financeurs ont déjà acté le projet à hauteur de 96 millions d’euros, pour une réalisation prévue dans les dix ans à venir. Ils ont engagé un cabinet d’ « assistant maîtrise d’ouvrage » pour en théoriser le succès. La manière dont les décisions sont prises sans que les acteurs de terrain aient vraiment été consultés laisse pantois ; si bien que les parties prenantes (soignants, usagers, élus) s’estiment dans le flou au moment d’apposer leurs signatures pour un projet qui contient encore trop d’inconnues.

David Almosnino, Yves Perrin-Toinin et Christine Vandrame

C’est le Dr Almosnino qui apporte la plus grande part des infos au débat. Il témoigne d’une défense de l’hôpital d’Aubagne engagée depuis plus de dix ans, rappelant notamment le maintien du service de réanimation. Son quotidien de praticien hospitalier était déjà marqué par la diminution du nombre de lits avant la crise sanitaire liée à la Covid-19 ; cette diminution que seule une vision comptable semble justifier, s’est malgré tout poursuivie durant la pandémie, où la multiplication des cas d’infection a saturé les capacités d’accueil.

L’insuffisance des moyens ne concerne pas uniquement le nombre de lits. Comme l’a expliqué ce professionnel, plusieurs contraintes s’appliquent à la pratique hospitalière dont celle d’une polyvalence accrue des services. Ainsi, lorsque des services de spécialité comme la pneumologie sont supprimés au sein de l’unité hospitalière, cela peut vite conduire à l’épuisement professionnel pour les praticiens, et détériorer l’accès aux soins pour les patients. Ces derniers ne bénéficient pas toujours d’une égale qualité de soins selon leur pathologie – cf. l’allongement des délais pour les consultations en dermatologie, ophtalmologie, cardiologie, etc. – et ils doivent parfois s’orienter vers d’autres structures, plus éloignées de leur domicile, éventuellement plus onéreuses également.

Exemple : le projet actuellement annoncé pour le service réanimation est « à nombre de lits égal » : en 2009 il y avait 6 lits ; aujourd’hui 12, et le service est plein. Ce qui veut dire qu’avant on ne recevait pas tous ceux qui auraient dû être soignés. Cela signifie aussi qu’aucune augmentation de capacité n’est prévue, alors que la population augmente. La santé publique est manifestement sous financée. D’ailleurs on ne parle plus d’hôpital mais de « campus », à l’américaine !

La zone de construction du futur hôpital n’est pas encore décidée : soit les Paluds (terrain des Gargues), soit près de Camp-Major. Et que va devenir la zone où se trouve l’hôpital actuel une fois qu’il sera désaffecté ? Comment le foncier sera-t-il administré pour le bien commun ? Le maire d’Aubagne semble avoir des projets grandioses… Un autre projet plus intéressant serait de transformer cet hôpital en EHPAD public ; un espace en lien avec un Institut de formation aux soins infirmiers serait également un espace pertinent à construire à côté du lycée Joliot-Curie.

Les personnes venues assister à la rencontre ont exprimé leurs points de vue sur un trop grand laisser-faire dans la régulation de l’offre de soin. L’équilibre jadis trouvé entre le public et le privé ne semble désormais servir que les mécanismes lucratifs aux dépens d’un accès à la médecine pour tout un chacun. La loi prévoit certes la tenue d’une enquête publique et il convient d’y être vigilant… Mais pour tout ça il faut absolument intervenir, et plutôt de façon collective qu’individuelle. Les collectifs sont davantage entendus (s’ils se donnent du mal !). C’est pourquoi les participants ont l’intention de suivre de près le projet. Chacun et chaque groupe à son niveau, se sont engagés à le faire savoir.

Alain Tarrini s’est interrogé sur la forme que pouvait prendre l’action en faveur de la défense du futur hôpital, en proposant pour sa part de regrouper les élus de gauche, dont lui-même et Yves Perrin-Toinin font partie. Comme pour l’école, a expliqué l’élu bédoulen, on pourrait créer une maîtrise d’usage avec les citoyens.

Le collectif de soignants nous informera de l’avancée de la mise en œuvre du projet.

Le Carrefour citoyen, pour sa part, fera paraître une information sur son site web et sa page Facebook en direction de ses adhérents et au-delà.

Liens

Collectif de citoyens pour la défense de l’Hôpital public d’Aubagne https://fr-fr.facebook.com/DefendonsHopitalPublicAubagne/

Article consacré au nouvel hôpital sur le site « Carnoux citoyenne » http://www.carnoux-citoyenne.fr/Breves13/#HopitalAubagne

Dossier du presse « Ségur de la Santé » (16/12/21) lien PDF

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